MALTE WOYDT

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Moi 2

“Le moi de l’Occidental est une arme qui lui assure une mainmise sur les choses. L’Oriental traditionnel a la démarche inverse. Il abandonne les choses par un effort d’intériorisation du moi.”

aus: Nadj Ud-Din Bammate: La Tradition musulmane devant le monde moderne (1956), zitiert bei: Malek Chebel: L’Islam et la Raison. Le combat des idées. Paris: Perrin 2006 (2005), S.109.

01/22

04/01/2022 (2:56) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Voile

“Alors que les débats entre Al-Ghazali et Averroes portaient sur des questions abstraites et universelles, ceux d’aujourd’hui ont pour objet la longueur, la largeur et la couleur du voile de la musulmane. Il y a dix siècles, Dieu présidait aux grands débats philosophiques entre musulmans, aujourd’hui beaucoup d’ignorants en ont fait un simple tailleur.”

aus: Malek Chebel: L’Islam et la Raison. Le combat des idées. Paris: Perrin 2006 (2005), S.67/68.

01/22

04/01/2022 (2:50) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Totalitarismes 2

“Sous le règne du totalitarisme, ce qui rendait la plupart des gens perplexes, c’était de savoir comment un tel régime allait pouvoir s’écrouler. Mais une fois le totalitarisme effondré, les gens sont toujours perplexes et se demandent comment un tel régime a bien pu exister.”

aus: Hu Ping: Chine – à quand la démocratie? La Tour d’aigues: L’aube 2007 (2004), S.111-113

12/21

01/01/2022 (17:28) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Communisme 2

“Kundera a bien dit qu’il était facile de critiquer l’existence du goulag, mais que le totalitarisme n’était pas seulement le goulag. Le totalitarisme n’est pas que l’enfer, c’est aussi le paradis. Il est le rêve et l’imagination d’une société parfaite, enfui dans l’âme de l’homme depuis le début de son histoire. …

Mais le totalitarisme est un enfer malgré tout. L’idéal merveilleux d’un paradis entre les hommes s’est transformé en cruelle réalité d’un enfer sur terre. La logique de cette transformation n’est pas compliquée. Le Parti communiste chinois a d’abord fondé sa noble ambition sur la création d’un paradis terrestre, en surestimant la nature humaine

Pourtant, après la victoire de la révolution, le Parti communiste a immédiatement constaté que le fossé était profond entre l’idéal et la réalité. En fait, le peuple n’était pas devenu celui que le Parti communiste avait imaginé. …

Les communistes résolurent donc de ‘continuer la révolution‘ … [ce qui] veut dire qu’il faut la mener par la force du pouvoir publique. Cela conduit donc implicitement à sous-estimer la nature humaine

De fait, le Parti communiste n’a pas créé un homme complètement développé, mais un homme domestiquée. Comme la nature humaine conserve une partie noble indestructible, l’homme se révolte sans arrêt et le pouvoir politique doit l’opprimer en permanence. Par la suite, le communisme a inventé le goulag en Union soviétique, le laogai en Chine, et finalement l’enfer entre les hommes. En même temps, est apparu le mouvement du combat pour la liberté, qui aboutira à l’anéantissement du totalitarisme …”

aus: Hu Ping: Chine – à quand la démocratie? La Tour d’aigues: L’aube 2007 (2004), S.111-113

12/21

31/12/2021 (1:26) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Racismes 5

“Il y a plusieurs types de racismes dont trois me paraissent les plus appliqués au Noir. …

[1] Le racisme diabolique est un racisme franc et direct … Il utilise tout les moyens en son pouvoirscience, religion, morale, force – pour prouver l’infériorité originelle de l’autre. …

[2] Après le racisme diabolique vient le racisme angélique, fait de paternalisme, d’apitoiement sur le sort de ces pauvres gens. C’est la résultante du sanglot de l’homme blanc pris de remords pour l’ancestral racisme diabolique de son peuple envers le Noir. … Mais de même que le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions, sou prétexte de racheter la vilenie passée, l’on enfonce encore le Noir par une complaisance coupable et infantilisante de Dame patronnesse …

[3] On trouve enfin le racisme de stigmatisation et d’essentialisation. Comme le racisme diabolique, il puise sa légitimité dans des approches très savantes, de la sociologie à l’anthropologie, en passant par l’ethnologie. Il attribue à une race des caractéristiques spécifiques. … Ainsi, quand on est noir … on est tous pareils. …

Et le sommet de la perfection du système est que grâce au mécanisme d’essentialisation, on finit par convaincre la victime qu’elle entre dans la catégorie que l’on dresse pour elle. Les Noirs sont très heureux qu’on leur ait concédé qu’ils ont le rythme dans le sang et je me demande combien de Noirs savent aujourd’hui qu’ils n’ont pas le rythme dans le sang. …”

aus: Gaston Kelman: Je suis noir et je n’aime pas le manioc. Paris: 10/18, 2005 (2004), S.20-25.

12/21

07/12/2021 (11:28) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Blacks

“Je n’aime pas les Blacks, tout d’abord parce que nous sommes en France, et qu’en France on parle français. C’est bien la moindre des choses.
La blackitude est un produit qui a trois sources principales. La première est sociolinguistique et c’est que j’appelle les édulcorations coupables. La deuxième est le fruit du rejet dont ceux qu’on nomme les Blacks se sentent victimes. La troisième, c’est en référence aux USA. …

[1] Les hommes de race dite noire sont des négroïdes. Leur véritable appellation devrait donc être Nègre. Dans tous les cas, c’est l’appellation originale. Cette appellation a été utilisée pendant des siècles et jusqu’au lendemain de la traite. Mais après la traite … le mot Nègre est devenu péjoratif. …

Pendant la colonisation, le Nègre est devenu Noir. Je ne sais s’il a gagné à ce changement, d’identité. Mais l’assimilation de tout ce qui est mauvais à la couleur noire me pousse à croire qu’il s’agit plutôt d’une régression. …
Aujourd’hui, le mot Noir est aussi devenu une insulte. …

[Ces] édulcorations linguistiques renvoient au sentiment de culpabilité que ressent l’homme blanc envers les peuples qu’il ne cesse de soumettre ou d’exploiter. Elle est tout aussi pathétique pour le Blanc qu’injurieuse pour le Noir, cette tentative de gommer l’histoire sans en subir l’exorcisme, sans en réparer les dégâts, en refusant d’affronter ses mauvais actes comme la colonisation, l’esclavage, la ségrégation raciale, de penser qu’on les gomme de l’histoire juste par une fuite en avant, juste en changeant les mots. Il est dévalorisant pour le Noir, ce recours permanent à l’amnésie collective, position que l’on trouve politiquement correcte. Si le mot Noir perd son sens négatif dans le dictionnaire, il le perdra aussi dans la perception populaire. C’est dans ce sens qu’il convient d’agir.

[2] Ces contorsions linguistiques montrent clairement que le Blanc ne considère pas ces peuples comme ces égaux. … À quoi cela sert-il de débaptiser les Nègres tous les cinquante ans si l’on ne change pas le regard que l’on pose sur eux ? Je trouve ces simagrées coupables et même humiliantes.

[3] Entre-temps l’espèce ‘black’ est apparue dans le paysage social français. Ce terme s’applique aux jeunes d’origine noire – africaine ou antillaise – qui l’ont repris entièrement à leur compte, tant et si bien que l’on pourrait se demander s’ils n’en sont pas les inventeurs. Le véritable créateur reste la société qui a mis en place depuis bien longtemps le système des euphémismes.

Si les jeunes Noirs ont repris cette appellation à leur compte, c’est parce qu’ils sont convaincus qu’ils sont rejetés et ségrégués par la société française. L’unique fondement de ce rejet est la couleur de la peau. Ils se considèrent très rarement comme africains, ivoiriens, camerounais, congolais ou encore maliens, sénégalais. Ils sont français, mais différents. La fraternité qui lie les adultes venant du même État africain – Mali, Sénégal, Cameroun, etc. – ne les concerne pas … ces enfants ne se regroupaient pas selon les origines de leurs parents. Fortement bestialisés, comme une meute, ils s’associent sur les critères d’espèce à défendre, et de territoire à protéger. …

Comme ils sont blacks, ils appartiennent à la planète black, À une internationale black dont ils savent que les membres sont rejetés dans tous les pays où ils sont en minorité, et même parfois en majorité, si l’on pense à l’Afrique du Sud de l’apartheid. Ainsi, ils tirent leurs références de ce qui leur apparait comme le paradis de la blackitude, les USA. …

Je me souviens du voyage que Kodjo … avait effectué aux USA, il y a une dizaine d’années, juste après sa majorité, avec quelques amis de quartier. … Un beau matin … ils s’embarquèrent pour New York avec pour viatique leurs rêves et leurs ambitions et la certitude de voir enfin des Noirs heureux. … Dans la rue, c’est l’horreur ! Tous les mendiants qu’ils rencontrent, ‘sauf un’, précisent-ils, sont des Noirs. Des centaines des Noirs … qui ont été détruits par l’héritage sociologique de l’esclavage, qui n’ont ni âme ni ambition, ni repères, ni diplômes, ni travail et qui passent la vie à mourir lentement. Quand nos jeunes explorateurs reviennent en France, ils se sentent plus français que jamais. …

Aujourd’hui, les Blacks continuent à être subjugués par les États-Unis, dont ils adoptent la mode des ghettos noirs, imposés par les rappeurs : bandana unicolore sur la tête, pantalons informes, immenses porte-clés-porte-médaillons. …

Le hip-hop n’est plus ce qu’il était et le basketball s’est essoufflé. Pourtant, les Blacks conservent la même rage, décuplée par l’inactivité. … Rien de plus désolant que ces enfants noirs entre cinq et dix ans, que l’on voit en grappes dans les supermarchés, les transports en commun, les places publiques, les parcs …

Pendant ce temps, la société dort en paix en parlant de Liberté, alors qu’elle prépare ces enfants à ne plus en avoir dans un avenir proche ; en parlant d’Égalité alors qu’on les prépare à être inférieurs à cause de leur déficit d’éducation : en parlant de Fraternité alors qu’on en a fait d’éternels étrangers. En effet, ils deviendront français quand vous cesserez de voir en eux des Blacks et quand ils seront redevenus des Noirs, tout simplement.”

aus: Gaston Kelman: Je suis noir et je n’aime pas le manioc. Paris: 10/18, 2005 (2004), S.120-132.

12/21

06/12/2021 (18:08) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Pénuries de main-d’œuvre

“Dans un domaine au moins, il n’y a pas de pénurie, celui des inquiétudes sur les pénuries. C’est a priori étonnant : les files devant les magasins, voilà une image associée aux économies planifiées. Dans une économie de marché, le prix s’ajuste pour équilibrer l’offre et la demande. Une pénurie ne peut y être que temporaire : … la pénurie devrait s’auto-corriger par une augmentation du salaire.

C’est le b.a.-ba du libéralisme économique, et laisser ce mécanisme opérer devrait être pour ses partisans une question de cohérence intellectuelle. Or, aujourd’hui, nous devons constater un double phénomène, particulièrement prononcé en Belgique : les pénuries de main-d’œuvre semblent être un problème permanent majeur pour bon nombre d’employeurs et les salaires réels dans les métiers concernés n’augmentent guère.

C’est toujours surprenant quand ceux qui détiennent les clefs de la solution se plaignent d’un problème ! S’il y a un manque de maçons ou d’infirmiers, c’est aux employeurs de rendre ces métiers plus attractifs … Et soigner l’attractivité peut signifier augmenter les salaires, mais c’est … aussi rendre le travail moins lourd pour la santé, plus aisément compatible avec la vie privée, plus ouvert aux formations et aux évolutions de carrière et plus stimulant car plus responsabilisant et plus polyvalent. …”

aus: Étienne de Callataÿ: Bonne nouvelle : il y a des pénuries de main-d’œuvre, La Libre Belgique en ligne, 19.11.21, im Internet

11/21

21/11/2021 (13:51) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Anthropologie

“L’Europe … n’a pas voulu reconnaître qu’il y a des histoires parallèles, des chronologiques du monde qui ne commencent pas nécessairement avec Adam et Ève, puis les Grecs et ainsi de suite. Même lorsqu’elle a été confrontée à cette réalité, elle n’a guère voulu la reconnaître et a préféré fermer les yeux dans cette sorte de déni dont elle semble avoir le secret. C’est à ce moment qu’elle a fondé l’anthropologie – un mode explicatif qui repose sur la conviction qu’il existerait des peuples sans histoire; des peuples qui ne feraient pas de distinction entre la nature et la culture ou encore nature et société …”

aus: Achille Mbembe: L’Afrique planétaire. De(s)générations (Saint Etienne) 22: Penser avec l’Afrique. 2015, S.86.

04/21

03/04/2021 (16:45) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Philosophie

“La notion de philosophie Africaine est problématique, car elle semble une émanation de cultures qui seraient africaines. Or la démarche philosophique consiste au contraire à être non le produit de la culture, mais un retournement sur la culture, un questionnement, voire une rupture avec la culture. Socrate, ancêtre mythique des philosophes s’il en est, a été condamné par les Athéniens sous le prétexte de s’être coupé avec a culture, avec les valeurs courantes de sa culture. C’est le geste inaugural de la philosophie.”

aus: Souleymane Bachir Diagne: Du mouvement vers l’universel. Interview durch Arnaud Zohou. De(s)générations (Saint Etienne) 22: Penser avec l’Afrique. 2015, S.21.

04/21

03/04/2021 (16:33) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Corona

“Photo de classe au temps de Corona” selon un des enfants-curateurs de l’exposition “Kleine Catalogus” au SMAK, Gent 2021/22.

“Pour un enfant ou un adolescent, le temps s’écoule de manière bien différente, il n’a pas la même prégnance. Pour imager mon propos, on pourrait se représenter qu’à l’échelle d’une vie, un an pour un enfant de dix ans équivaudrait subjectivement à six années pour un homme de soixante. Et six années pendant lesquelles chaque instant devrait être mobilisé par une indispensable construction physique, affective et psychique. Six années sans mémoire dans laquelle aller puiser les ressources nécessaires au décodage du présent. Les conséquences sur ces jeunes des mesures de confinement sont foudroyantes. Si déjà, dans le ‘monde d’avant’, les phénomènes de décrochage et de désaffiliation observés étaient interpellants, ils ont pris aujourd’hui des proportions affolantes. Les jeunes que j’ai rencontrés ces dernières semaines se construisent en marge, dans un monde parallèle au nôtre auquel ils n’ont aucune velléité de s’affilier et auquel ils n’accordent aucun crédit. Ils s’auto disqualifient. Nous nous bâtissons un monde futur peuplé d’électrons libres s’inventant isolément des valeurs (ou non valeurs) aussi diverses qu’aléatoires.”

aus: Marc De Koker: Les jeunes que j’ai rencontrés ces dernières semaines se construisent en marge, dans un monde parallèle au nôtre. La libre en ligne, 4.2.21, im Internet.

image: Kris Martin: “Lost Wax” (2013), SMAK Gent, im Internet.

02/21

05/02/2021 (12:29) Schlagworte: FR,Lesebuch ::
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