MALTE WOYDT

HOME:    PRIVATHOME:    LESE- UND NOTIZBUCH + FRAGEN

ANGE
BOTE
BEL
GIEN
ÜBER
MICH
FRA
GEN
LESE
BUCH
GALE
RIE
PAM
PHLETE
SCHAER
BEEK
GENEA
LOGIE

Exportation d’armes

(DE)

… et on les entend à nouveau ces égoistes qui vivent de la mort. Il fut un jour, tout le monde était choqué sur un certain M. Dutroux. Mais ce monsieur n’a même pas tué plus qu’une dizaine des enfants. Ridicule. Ces âmes soeur à la FN font mieux – ils vivent de la mort des milliers d’enfants, au Nepal et ailleurs. Restez cohérent chers amis! Soit vous exportez des armes dans les grands conflits du monde et vous mettez M.Dutroux en liberté toute suite – soit vous arrêtez les deux. Moi, je m’en fiche de votre emploi à Herstal, comme je m’en fiche de l’emploi de M. Nihoul ou Mme. Martin. D’abord la vie, après l’emploi.

Malte Woydt, à l’occasion du débat sur l’exportation de 5500 mitrailleuses de la FN en Népal.

08/02

09/10/2007 (10:03) Schlagworte: FR,Notizbuch ::

Publicitaires

(DE)

“Un publicitaire, c’est un salaud qui vend de la merde aux pauvres en les prenant pour des cons et qui appelle ça être créatif.”

aus: Jan Bucquoy: Camping Cosmos, zitiert bei Claude Semal: Pour en finir avec. Bruxelles: Luc Pire 1997, S.51.

05/06

09/10/2007 (9:53) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Touristes et anti-touristes

“En accédant au loisir les ouvriers frustraient la classe bourgeoise de ce qui était bien plus encore qu’un privilège: un critère de distinction. … Entre l’élite et la multitude, ce n’était plus les plages de sable fin qui faisaient la différence, c’était la manière de s’y asseoir et de s’y comporter. …

L’autre, l’inférieur, l’amorphe, la règle, dont je suis l’exception, c’est maintenant le touriste. … S’il n’avait pas les touristes, ces lourds animaux grégaires, que saurais-je de ma propre singularité, quel prestige pourrais-je tirer de mes voyages? Pas d’aventurier possible sans imbécile heureux en bermuda à fleurs. …

Mais Monsieur Tout-le-Monde n’existe pas; cette histoire de ‘campeur aliéné’ est un mythe élitaire: si les gens vont à Saint-Tropez retrouver annuellement le chaos, la cohue et l’odeur de friture, c’est qu’ils ont choisi ce dépaysement extrême: la ville moins les murs, une cité horizontale, brouillonne, grouillante, une vie urbaine à nouveau douée d’urbanité. … Le chez-soi estival est un domicile sans cloison, un intérieur précaire et paradoxal puisqu’il sépare à peine le monde intime de l’extériorité. …

Le Robinson écolo fait la leçon au campeur ordinaire, et pourtant … c’est sous couleur de fuir les trépidations urbaines faire oeuvre le locataire modèle, et intérioriser jusqu’au délire l’injonction moderne du chacun-chez-soi. … les maisons contemporaines sont conçues dans la pensée d’éviter toute occasion de rencontre entre foyers contigus. … Les adeptes de la solitude estivale sont tellement bien dressés à la discipline de l’hygiène que la promiscuité pour eux ne peut jamais être un choix. Tel est cependant le cas de ces vacances anti-intimes où réapparaissent des actes, des manières de sentir, toute une pratique oubliée du voisinage.”

aus: Bruckner, Pascal / Finkielkraut, Alain: Au coin de la rue, l’aventure. Paris: Seuil 1979, S.38-41.

Abb.: Edgar Calel: Me venden, Teil einer Serie, 2016, im Internet.

10/04

09/10/2007 (9:48) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Surréalisme

“Si l’Italie a eu son compromis historique, la Belgique a tout un historique du compromis. … le consensus … est fondé sur la suspension du débat et non sur son exacerbation. …

L’absence-de-débat-d’idées, tarte à la créme des observateurs de la vie intellectuelle belge, n’est donc ni une essence ni une malédiction : elle est le sous-produit de la consensualité molle, qui est elle-même la conséquence de l’immobilisme forcé. …

De sorte que la Belgique n’est pas un pays surréaliste, comme on le dit un peu facilement : c’est un pays pataphysique (‘Le principe de l’équivalence universelle et de la conversion des contraintes réduit l’univers considéré dans sa réalité pataphysique à des cas uniquement particuliers’) …

Règne donc ici ce que l’on pourrait nommer un façadisme généralisé. Du génie se déploie pour créer des objets qui ne sont pas ce qu’ils disent être, ou qui l’ont été mais ne le sont plus, ou qui sont seulement en puissance de l’être un jour. …

l’autodérision est un dogme national. Malheur à qui tournerait en dérision cette autodérision ! Il y a des vérités d’Évangile avec lesquelles on ne rigole pas. On peut bien rire d’un ministre, d’un artiste, et même du drapeau, mais pas du génie de l’autocritique.

Ce dogme tient en trois certitudes : 1) la Belgique est le paradis de l’autocritique ; 2) la Belgique est un pays surréaliste ; 3) la Belgique est le pays le plus imaginaire au monde. …

Effleurer une idole est impensable. Essayez un peu de toucher à Hergé ! À Simenon … ! À Brel ! Non, les veuves belges ne sont pas surréalistes. …

Qualifier le pays de surréaliste, ou d’auto-ironique, ou d’imaginaire, est donc une pirouette : L’ironie est le cache-sexe de la bonne conscience repue. …

Il n’y a rien de plus subtil que d’exprimer sa complaisance par la revendication de sa propre médiocrité. … (l’Américain : ‘Nous sommes si bons !’ ; le Français : ‘Nous sommes si spirituels !’ … le Belge : ‘Nous sommes si peu complaisants avec nous-mêmes’ !)

Signe donc d’une grande subtilité. Mais l’essouflement guette, quand faire semblant de se critiquer est l’activité qui occupe tout l’espace dévolu à la critique.”

aus: Jean-Marie Klingenberg: Petits mythologiques belges., Bruxelles: Labor 2003, S. 66-72

Abb.: James Ensor: Le Roi peste, 1895.

09/05

09/10/2007 (9:45) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Études

(DE)

“En France, on étudit les hommes ; en Allemagne, les livres.”

aus: Mme. de Stael: De l’Allemagne. Bd.1, Paris: Garnier-Flammarion 1968, S.117 (Originalausgabe 1813)

Abb.: Wang Qingsong: Follow you, 2013, im Internet.

08/05

09/10/2007 (9:42) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Stress

“Hommes sans qualités, notre fatigue elle-même nous échappe, s’inscrit dans notre corps sans s’offrir à notre mémoire. Nous avons … pour cette usure indécise, un nom d’importation récente, tout pimpant encore de scientificité : le stress. …

Soucis professionnels, anomie de la solitude, anxiétés familiales, dureté silencieuse des rapports de rue, transports éreintants : nos désarrois de tous les jours nous mettent dans un état de tension sans intensité; ce sont des dommages irréparables, une violence à la fois familière et diffuse qui se confond avec l’air qu’on respire, qui reste en deçà du symptôme, et dont on ne peut même pas tirer de récit. …

Nous sommes désormais en mesure de nommer cette détresse brumeuse, mais pas d’échapper à son imprécision. …

Nous n’avons pas affaire à un adversaire singulier, mais à mille désagrements indistincts, auxquels notre corps réagit tout seul sans parfois même que nous nous en redions compte. … nous sommes harassés, et en même temps rien ne nous arrive. …

Parler du stress, ce n’est pas seulement céder à une mode terminologique, c’est aussi un signe parmi d’autres d’un nouveau rapport à la quotidienneté … Sous l’appelation péjorative de stress, la langue familière exprime et chiffre les coûts du quotidien, toutes les perturbations irréparables qu’il provoque. …
Chaque jour, semble s’accroître le nombre … de ceux qui refusent de se sacrifier à leur propre survie. … Les nouveau réfractaires devancent l’épuisement pour mieux s’y soustraire, et miment les conséquences du stress afin d’échapper à ses effets …”

aus: Bruckner, Pascal / Finkielkraut, Alain: Au coin de la rue, l’aventure. Paris: Seuil 1979, S.166-170.

10/04

08/10/2007 (22:15) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Apprentissage des langues

(DE)

“Alors que le souhait de beaucoup de nos concitoyens lorsqu’ils sont à l’école est d’en sortir au plus vite, il est amusant de constater que dès qu’ils en sont sortis, le schéma scolaire reste une référence secrète, profondément enfouie mais alimentant nombre de comportements de base. C’est particulièrement le cas pour tout ce qui concerne l’apprentissage des langues…”

aus: Jean-Pierre Galliez: Les langues … j’ose. Bruxelles: Labor 1998

08/10/2007 (22:07) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Sightseeing

“Que vous est-il advenu? demandait-on au voyageur ancien; qu’avez-vous vu? est la question posée au ‘retouriste‘ : un rapport visuel remplace le contact romanesque avec le monde. Le règne du pittoresque entraîne nécessairement le déclin de la narration. …

On a célébré comme un progrès le passage du country seeing au life seeing, le remplacement du regard purement esthétique par une curiosité ethnique pour les êtres, leur mode de vie et leurs coutumes. C’était rester à l’intérieur de l’empire visuel …

Et d’ailleurs, le vacancier photographe voit-il vraiment quelque chose? Il retrouve, grandeur nature, l’image qui l’a fait partir … et, en même temps, il se projette dans le moment du retour, et prend des clichés pour pouvoir ensuite témoigner de son voyage. Coincée entre revoir et prévoir, une visite touristique n’a jamais lieu au présent. …

Pourquoi tant d’expéditions à vélo, tant de randonnées pédestres, à cheval ou en dromadaire? Parce que, dans le voyageur, la part du spectateur, autrefois royale, ne cesse de diminuer. Il n’y a pas d’aventure visuelle. C’est notre seule sagesse. Celle des enfants que même le paysage le plus majestueux n’a pas le pouvoir de tenir en repos.”

aus: Bruckner, Pascal / Finkielkraut, Alain: Au coin de la rue, l’aventure. Paris: Seuil 1979, S.50-54.

Abb.: Ali Martaza: Dollar Darvishes Dancing in Desperation, im Internet.

10/04

08/10/2007 (22:03) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

être gouverné

(DE EN)

“Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu … Être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concusionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre révolte, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garroté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !”

Pierre-Joseph Proudhon, Extrait de “Idée générale de la révolution du XIXème siècle”, cité par l’internet, autre source.

Abb.: Wilchar: L’État, o.J., in: Wilchar Superstar, Austellungskatalog Gent 2001, S.42

08/10/2007 (21:52) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Négociations

“J’avoue que je n’ai connu cette vérité que cinq ou six ans après que j’ai été employé dans le maniement des affaires. Mais j’en ai maintenant tant de certitude que j’ose dire hardiment que négocier sans cesse, ouvertement ou secrètement, en tous lieux, encore même qu’on n’en reçoive pas un fruit présent et que celui que l’on peut attendre à l’avenir ne soit pas apparent, est chose du tout nécessaire pour le bien des États. …

Celui qui négocie toujours trouve enfin un instant propre à venir à ses fins, et, quand même il ne se trouverait pas, au moins est-il vrai qu’il ne peut rien perdre, et que, par le moyen de ses négociations, il est averti de ce qui se passe dans le monde, ce qui n’est pas de petite conséquence pour le bien des États. Les négociations sont des remèdes innocents, qui ne font jamais de mal …

Les médiocres Esprits resserrent leurs pensées dans l’entendue des États où ils sont nés. …

Il faut agir en tout lieu et, ce qui est bien à remarquer, selon l’humeur et par moyen convenables, à la portée de ceux avec lesquels on négocie. Divers nations ont divers mouvements: les unes concluent promptement ce qu’elles veulent faire, et les autres y marchent à pas de plomb. …

… au lieu de relever mal à propos de certains discours faits imprudemment par ceux avec qui on traite, il faut les souffrir avec prudence et adresse tout ensemble, et n’avoir d’oreilles que pour entendre ce qui fait [parvenir] à ces fins. …

On se méfie toujours de celui qu’on ne voit agir avec finesse, et qui donne impression de sa franchise et sincerité n’avance pas peu ces affaires. …

Les mêmes paroles ayant souvent deux sens, l’un qui dépend de la bonne foi et de l’ingénuité des hommes, l’autre de leur art et de leur subtilité, par laquelle il est fort aisé de détourner la vraie explication d’un mot à des significations volontaires, Il est du tout nécessaire d’employer aux négociations des personnes qui connaissent le poids des paroles et qui sachent bien coucher par Écrit.

Les grandes négociations ne doivent par avoir un seul moment d’intermission. Il faut poursuivre ce qu’on entreprend avec une perpétuelle suite de dessein en sorte qu’on ne cesse jamais d’agir que par raison et non par relâche d’Esprit, par indifférence des choses, par vacillation de pensées et par résolutions contraires.

Il ne faut par ainsi se dégouter par un mauvais événement, puisqu’il arrive quelquefois que ce qui est entrepris avec plus de raison réussit avec moins de bonheur.

Il est difficile de combattre souvent et d’être toujours vainqueur. Et c’est une marque d’une extrême bénédiction, quand les succès sont favorables aux grandes choses et seulement contraires en celles dont l’événement est peu important. …

En matière d’État, il faut tirer profit de toutes choses; ce que peut être utile ne doit jamais être méprisé. …

Bien que ce soit un dire commun que quiconque a la force a d’ordinaire la raison, il est vrai toutefois que [de] deux puissances inégales, jointes par un traité, la plus grande court le risque d’être plus abandonnée que l’autre. La raison en est évidente: la réputation est si importante à un grand prince qu’on ne lui saurait proposer aucun avantage, qui puisse compenser la perte qu’il ferait, s’il manquait aux engagements de sa parole et de sa foi. … Les Rois doivent bien prendre garde aux traités qu’ils font: mais quand ils sont faits, ils doivent les observer avec religion.

Je sais bien que beaucoup de politiques enseignent le contraire, Mais … je soutiens que … un grand prince doit plutôt hasarder sa personne même [et] les intérêts de son état que de manquer sa parole, qu’il se peut violer sans perdre sa réputation et par conséquence la plus grande force des souverains. …”

aus: Richelieu: Testament politique. Bruxelles: Complexe 1990 (geschrieben 1639), S.51-58

09/04

08/10/2007 (20:52) Schlagworte: FR,Lesebuch ::
« Previous PageNext Page »