MALTE WOYDT

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Enseignement

Jeune homme, prends et lis. Si tu peux aller jusqu’à la fin de cet ouvrage, tu ne seras pas incapable d’en entendre un meilleur. Comme je me suis moins proposé de t’instruire que de t’exercer, il m’importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes, pourvu qu’elles emploient toute ton attention. Un plus habile t’apprendra à connaître les forces de la nature ; il me suffira de t’avoir fait essayer les tiennes.”

aus: Denis Diderot: Pensées sur l’interprétation de la nature (2e éd., 1754), im Internet

06/20

14/06/2020 (16:15) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

France

“… Si les Français sont infantilisés par leur État, ils en sont aussi responsables, car ils ont un rapport infantile à l’État. Ils attendent tout de lui, comme on attendait tout du roi, mais ils ne supportent pas d’être dirigés et ils rêvent en permanence de rejouer la Révolution française. Nos institutions ont aggravé ce travers : tous les cinq ans on élit un père Noël doté des pleins pouvoirs dont on attend tout et au bout de six mois on veut lui couper la tête. Le pouvoir ne fait rien pour arranger cette rupture ontologique : il se barricade dans ses palais et considère avec méfiance cette population de Gaulois rétifs. La formation de nos élites n’arrange évidemment rien : quand on n’a jamais connu le monde réel parce qu’on est passé de Louis le grand à l’ENA avant d’atterrir dans les grands corps de l’État sans jamais quitter Paris, cela ne vous prédispose pas à comprendre ‘l’esprit gilet jaune’. …”

aus: Jean Quatremer: Coronavirus: la démocratie est-elle adaptée à la gestion de crises?, Libération-blogs, 22.5.20 (ursprünglich La Libre Belgique, 9.5.20), im Internet.

05/20

23/05/2020 (20:07) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Référendum

“Le vrai problème …, c’est que souvent le peuple souverain répond à une autre question que celle qui lui a été posée. Il dit juste non à celui qui l’a interrogé.”

aus: Alain Berenboom: Les voix du peuple sont impénétrables. Le Soir 30.11./1.12.2019, S.4.

04/20

03/04/2020 (17:04) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Croyance

(NL)

“Je voulais avoir de ce qui ne se voit pas la même certitude que de sept et trois font dix. … J’avais la pretention de comprendre pareillement les autres vérités, qu’elles concernassent soit des corps qui ne seraient pas accessibles à mes sens, soit des réalités spirituelles dont je ne savais me faire qu’une conception matérielle.

Cependant je pouvais être guéri en croyant : purifié par la foi, le regard de mon esprit pouvait se diriger en quelque sorte sur votre vérité immuable et indéfectible. Mais … mon âme malade, qui ne pouvait trouver la guérison que dans la foi, de peur de croire à l’erreur, se réfusait de guérir. …

Mais peu à peu, Seigneur, … vous avez touché et préparé mon coeur, et je m’avisai de tout ce que croyais sans le voir, sans y avoir assisté : tant de faits de l’histoire des peuples, tant ds choses concernant des endroits et des villes que je n’avais pas vus, tout ce que j’admettas sur la foi d’amis, de médecins, de bien d’autres en qui il faut bien croire, sans quoi on ne ferait absolument rien en cette vie! Enfin, avec quelle foi inébranlable je me croyais le fils de mes parents! Mais c’est ce qu’il m’eût été bien impossible de savoir si je n’avais admis ce que j’entendais dire. …

Ainsi, vous m’avez persuadé que … je ne devais pas écouter les hommes qui me diraient : ‘D’où sais-tu que ces livres ont été données au genre humain par l’esprit du seul vrai Dieu qui est la Vérité même ?’ C’est précisément cela qu’il me fallait croire! …

Saint Augustin: Confessions. Livre sixième, chapitres iv et v, traduction par Joseph Trabucco, Paris: Flammarion 2008, S.123-125.

07/18

18/08/2019 (2:10) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Mémoire

“Dans un de ses derniers ouvrages, le philosophe Régis Debray a eu cette phrase : « Les gens du “street art” font de la rue une galerie, Ernest en fait une œuvre d’art. » J’en suis touché, mais, moi qui doute toujours, je suis aussi un peu insatisfait. Il y a là pour certains un effet de mode. On entend parfois parler de « la plus grande galerie du monde ». Alors que moi, j’aborde d’abord la rue d’un point de vue plastique, avec la couleur des murs, leur texture, et ce qui ne se voit pas ou plus, c’est-à-dire la mémoire des lieux. Il s’agit alors d’élaborer des images en faisant remonter à la surface des souvenirs enfouis, pour mieux comprendre le présent. …

La rue est un des éléments de ma palette. Sachant que toujours mes interventions viennent à réinscrire l’histoire humaine sur place. Les gens passent tous les jours dans une rue, même chargée d’histoire, mais pour eux, forcément, elle se banalise. Et d’un coup, l’apparition de l’image la fait découvrir à nouveau. En fait, cette redécouverte, cet appel à l’intelligence collective, c’est le rôle de la poésie et de l’art. …”

aus: Ernest Pignon-Ernest: “Mes interventions visent à faire ressurgir l’histoire d’un lieu”, Interview mit Gérald Rossi, L’Humanité, 29.05.2019, im Internet, und hier gemirrorred

“Que l’émotion que l’on ressent soit inséparable de l‘histoire des lieux… Je suis très inquiet par cette amnésie généralisée de l’ensemble de la société.”

Zitat aus: Olivia Gesbert: Ernest Pignon-Ernest, ecce l’artiste !, France Culture, 31.5.19, im Internet

06/19

02/06/2019 (0:57) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Ville 2

“Partout la ville … éclate …, cette forme sociale admirable, cette oeuvre par excellence de la praxis et de la civilisation, se défait et se refait sous nos yeux. … La ville empêche les puissances de manipuler à leur gré les citadins-citoyens, individus, groupes, corps. … Tantôt l’Etat, tantôt l’entreprise, tantôt les deux … tendent à accaparer les fonctions, attributs, prérogatives de la société urbaine. …

Et cependant, sur ce fondement qui s’ébranle, la société urbaine et l”urbain’ persistent et même s’intensifient. … La forme de l’urbain, sa raison suprême, à savoir la simultanéité et la rencontre, ne peuvent disparaître. … En même temps que lieu des rencontres, convergence des communications et informations, l’urbain devient ce qu’il fut toujours : lieu de désir, déséquilibre permanent, siège de la dissolution des normalités et contraintes, moment du ludique et de l’imprévisible. …

La ville historiquement formée ne se vit plus, ne se saisit plus pratiquement. Ce n’est plus qu’un objet de consommation culturelle pour les touristes, pour l’esthétisme avides de spectacles et de pittoresque. Même pour ceux qui cherchent à la comprendre chaleureusement, la ville est morte. …

Impossible d’envisager la reconstruction de la ville ancienne, mais seulement la construction d’une nouvelle ville. … La vie urbaine n’a pas encore commencé. Nous achevons aujourd’hui l’inventaire des débris d’une société millénaire dans laquelle la campagne a dominé la ville, dont les idées et ‘valeurs‘, les tabous et les prescriptions, étaient pour une grande part d’origine agraire, à dominante rurale et ‘naturelle’. Des cités sporadiques émergeaient à peine de l’océan campagnard. …

Que la ville redevienne ce qu’elle fut : acte et oeuvre d’une pensée complexe, qui ne le souhaiterait? Mais l’on se maintient ainsi au niveau des voeux et aspirations et l’on de détermine pas une stratégie urbaine. …

Le droit à la ville s’annonce comme appel, comme exigence. Par des détours surprenants – la nostalgie, le tourisme, le retour vers le coeur de la ville traditionelle, l’appel des centralités existentes ou nouvellement élaborées – ce droit chemine lentement. … Le droit à la ville ne peut se concevoir comme un simple droit de visite ou de retour vers les villes traditionelles. il ne peut se formuler que comme droit à la vie urbaine, transformée, renouvelée. … La société urbaine dont s’expose ici la possibilité ne peut se contenter des centralisées passées …

D’où tirer le principe du rassemblement et son contenu? Du ludique. … Que la société dite de consommation esquisse cette direction, cela ne fait aucun doute. … Il s’agit donc seulement de donner forme à cette tendance, encore soumise à la production industrielle et commerciale de culture et de loisirs …”

aus: Henri Lefebvre: Le Droit à la Ville. Paris: Anthropos 1968, S. 84, 86, 90, 91, 117, 120, 125, 132.

09/16

11/09/2016 (15:10) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Participation

“Dans la pratique, l’idéologie de la participation permet d’obtenir au moindre prix l’acquiescement des gens intéressés et concernés. Après un simulacre plus ou moins poussé d’information et d’activité sociale, ils rentrent dans leur tranquille passivité, dans leur retraite. N’est-il pas clair que la participation réelle et active porte déjà un nom. Elle se nomme auto-gestion.”

aus: Henri Lefebvre: Le Droit à la Ville. Paris: Anthropos 1968, S. 113.

09/16

11/09/2016 (13:09) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Espace

“L’urbanisme comme idéologie formule tous les problèmes de la société en questions d’espace. … Puisque la société ne fonctionne pas d’une manière satisfaisante, n’y aurait-il pas une pathologie de l’espace? Dans cette perspective, on ne conçoit pas la priorité … de l’espace sur le temps comme indice de pathologie sociale : comme symptôme parmi d’autres d’une réalité qui engendre des maladies sociales. … Médecin de l’espace, … [l’urbaniste] aurait la capacité de concevoir un espace social harmonieux, normal et normalisant. …”

aus: Henri Lefebvre: Le Droit à la Ville. Paris: Anthropos 1968, S. 50.

09/16

11/09/2016 (12:55) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Urbanisme

“… On distinguera donc:

a) l’urbanisme des hommes de bonne volonté. … On veut construire immeubles et villes ‘à l’échelle humaine’, ‘à sa mesure’, sans concevoir que dans le monde moderne ‘l’homme’ a changé d’échelle et que la mesure d’autrefois (village, cité) se transforme en démesure. …

b) l’urbanisme des administrateurs liés au secteur public (étatique) … à travers [leur] science [scientisme], une technique prend le dessus et devient le point de départ: c’est généralement une technique de circulation … On extrapole à partir d’une science, d’une analyse fragmentaire de la réalité considerée. … Cet urbanisme technocratique et systématisé … n’hésiterait pas à raser ce qui reste de la Ville pour laisser place aux voitures. …

c) l’urbanisme des promoteurs. Ils conçoivent et réalisent, sans le dissimuler, pour le marché, en vue du profit. Le nouveau, le récent, c’est qu’ils ne vendent plus du logement ou de l’immeuble, mais de l’urbanisme. … La publicité y devient idéologie. Parly II ‘fait naître un nouvel art de vivre‘, un ‘nouveau style de vie’. La quotidienneté ressemble à un conte de fée. …

A travers les diverses tendances s’esquisse une stratégie globale …: la ville renouvelée. ils imposeront en la rendant ‘lisible” une idéologie du bonheur par la consommation, la joie par l’urbanisme … La consommation programmée et cybernétisée (prévue par les computeurs) deviendra règle et norme pour la société entière. D’autres édifiront les centres décisionnels, concentrant les moyens de la puissance : information, formation, organisation, opération. Ou encore: répression … et persuasion … Autour de ces centres se répertiront sur le terrain, en ordre dispersé, selon les normes et contrastes prévues, les périphéries, l’urbanisation désurbanisée.

Toute les conditions se réunissent ainsi pour une domination parfaite, pour une exploitation raffinée des gens, à la fois comme producteurs, comme consommateurs de produits, comme consommateurs d’espace.”

aus: Henri Lefebvre: Le Droit à la Ville. Paris: Anthropos 1968, S. 29-31.

09/16

11/09/2016 (12:46) Schlagworte: FR,Lesebuch ::

Commencer

“… il n’est point vrai que l’œuvre de l’homme est finie
que nous n’avons rien à faire au monde
que nous parasitons le monde
qu’il suffit que nous nous mettions au pas du monde
mais l’œuvre de l’homme vient seulement de commencer
et il reste à l’homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur
et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l’intelligence et de la force …”

aus: Césaire: Cahier d’un retour. bei Wikiquote…

08/16

29/08/2016 (21:23) Schlagworte: FR,Lesebuch ::
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